Community Manager : et la politesse b***** « Idewan.

Community manager : et la politesse, bordel !

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Community Manager, nouveau métier. Qui dit nouveau métier dit nouveau référentiel de compétences.

Nouveaux au pluriel devrais-je dire. Et sous toutes les formes. De la fiche métier Community manager, des interviews de Community managers, des infographies sur les qualités du Community manager, des articles sur le métier de Community manager, des billets d’intention, des enquêtes sur les pratiques, des CV, des descriptifs de poste qui décrivent tous cet homme-orchestre des temps modernes.

Je suis perplexe.

Le Community Manager côté aptitudes

Community manager qualitésLe Community manager doit avoir des qualités hors du commun dans tous les domaines. Non seulement il est empathique, calme et tolérant comme un psy, mais il est évidemment curieux et ouvert d’esprit comme un chercheur de l’extrême. Par nature innovant, c’est un Géo Trouvetou depuis tout petit, qui combine à fin dosage humilité, serviabilité et, bien évidemment, un sens de l’humour hyper fédérateur.

Le travail, c’est sa passion, car il est courageux, insomniaque et déteste les vacances.

Equipé d’un QI qui ne rentre dans aucune case, il est, excusez-moi du peu, capable de faire à peu près 4 choses en même temps, sans stress ni boulette.

Et là encore, je vous parle de sa beauté intérieure… Mais imaginez bien que le Community Manager est de surcroît Beau Gosse (mais célibataire et sans enfant), ce qui lui permet de pouvoir dévoiler au grand jour son physique de communicant « so hype » sans avoir à rougir d’aucune forme d’exposition publique lorsqu'il dégaine de l’événement IRL.

Le Community Manager côté savoirs et formation

Community Manager formationA l’extrême rigueur, le Community Manager est un autodidacte doté d’une mémoire d’éléphant sur-dimensionné, qui lui a permis de rédiger la Culture Générale pour les nuls en 2 nuits et demi.

Sinon, il a fait des études plus que supérieures, parallèlement à ses activités bénévoles dans une association nationale pour la défense des animaux. Il est donc pourvu de multiples diplômes qui font de lui un as de l’informatique et du développement web, une star de la pub, un conférencier reconnu en communication interpersonnelle, un plus-que-talentueux artiste (les Beaux-Arts, vous comprenez) et, et, et, mesdames et messieurs, un pro de la gestion du temps.

De ses études prestigieuses (mais jamais élitistes), il a gardé le goût de l’auto-formation en continu et, grâce aux cours par correspondance et aux solutions de e-learning, il n’est jamais, ô grand jamais, dépassé par les connaissances du p’tit gars fraîchement diplômé en web-marketing.

Le Community Manager côté compétences

Commmunity manager compétencesComme il a jugé bon de travailler sur lui pour se libérer de son ego (7 ans de psychanalyse + 2 stages intensifs de développement personnel auprès du coach de la mort qui tue), il pourrait être psy à son compte. Mais cela aurait été trop facile et trop calme. Lui, il aime le défi et la fête.

Il aurait pu être capitaine d’industrie aussi, puisque de la gestion des stocks au management des hommes rien ne lui échappe. Le ROI et l’optimisation de la rentabilité, c’est son truc depuis qu’il a fait un MBA à Jouy-en-Josas.

Et puis écrire des best-sellers, il en a fait le tour. Les romans, les thèses et les essais, il a donné. Aujourd’hui, ce qui le fait swinguer, c’est d’écrire des articles de blog professionnel. Un feuillet pour aller droit à l’essentiel, répondre en temps réel aux questions que se pose l’internaute, le défi du référencement et de la première page sur Google en plus

Et la politesse, bordel ?

Community manager politesseVous me croirez si vous voulez, mais pas un seul de ces descriptifs du Community Manager idéal n’a jugé bon d’indiquer qu’il fallait savoir faire preuve de politesse. Quelle que soit sa météo intérieure. Quel que soit l’interlocuteur et sa potentielle (non)influence.

Probablement parce que cela va de soi. Probablement parce qu’il tombe sous le sens que la première mission d’un Community Manager, c’est de répondre à qui lui parle et de ne dédaigner personne. De répondre vite ET en mettant les formes (rapport au respect et à l’élégance que réclame une présence professionnelle sur les réseaux sociaux, rapport à l’e-reputation de la marque que le Community Manager représente… Bref, rapport à ses honoraires ou à son salaire).

Cela va de soi, mais pourtant ce n’est bizarrement pas systématique (suivez mon regard, mais je ne balancerai personne, corporatisme oblige).

Et c’est vrai qu’il y a des mentions qui se perdent en chemin sur Twitter ou, entre deux spams, dans les limbes des commentaires de blogs. Et c’est vrai que parfois le Community Manager est fatigué et/ou irrité par certaines questions sur son journal Facebook. Et c’est vrai aussi que non, finalement, le Community Manager n’est peut-être pas capable de faire 4 choses en même temps et qu’il doit lui aussi, comme tout professionnel, établir des priorités dans son emploi du temps.

Et bien la politesse, cette petite habitude réactionnaire qui ne nécessite ni stratégie compliquée, ni compétences techniques, ni originalité renversante, devrait être en top position dans les priorités de tout Community Manager, qu’il soit débutant ou expérimenté, brillant ou médiocre, influent ou nobody. Car on pardonne les erreurs, les maladresses et les lenteurs, mais peu souvent le manque de respect et le déficit de courtoisie.

Et ce sera donc sur cette rudimentaire leçon de savoir-vivre, tout en vous remerciant de m’avoir lue jusqu’au bout, que je vous prierai d’agréer, chère lectrice, cher lecteur, l’expression de mes plus sincères (et courtoises) salutations 😉

Emmanuelle Audebert - @LaTweepie

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