J’ai épousé un Community Manager

Il était beau, il était geek, il sentait bon le microprocesseur chaud. A peine moins arrogant qu’un pubeux post-pubère et pur beurre, sexy en diable dans sa boite de chez AdopteUnMec, je l’ai choisi sur un coup de <3.

Il me dégainait du lolcat en messages privés et des commentaires ultra-pertinents sur toutes les photos Instagram de mes ongles vernis. Hasards de la géolocalisation, tous les jours on se retrouvait au détour d’un check-in Foursquare. J’ai craqué. On s’est aimé.

Il avait le swag, le LOL, et retweetait toutes mes blagues pas drôles à son immense communauté de 1 500 vrais followers même pas achetés. C’est pas compliqué, on est passé « en couple » sur Facebook. Après, on s’est mentionné mutuellement dans nos bios Twitter, et puis on a ouvert un board commun sur Pinterest, pour piner officiellement à la face des internets. On s’est marré, on s’est marié, on a live-tweeté.

Roi entre les R.O.I., on a fait un #bébé et son doudou-blog remarquablement référencé, en tête du top eBuzzing. Je lui ai laissé les clefs de ma boite à mails, mon password iTunes et celui de ma playlist Youtube « émotions ». On avait pleins d’amis, de followers et de likers engagés dans notre relation virtuelle de la vraie vie. Je l’ai laissé gérer nos relations publiques modernes pour me concentrer sur mon vrai travail.

j'ai épousé un community manager

Chabadabada

Community management pas cher

L’aventure c’est l’aventure

Et puis un jour j’ai choisi d’aller voir ailleurs. Un commercial hipster et flatteur m’a flashée sur un salon e-commerce et j’ai craqué comme une demi-débutante. « Prestas pas chères, performances textuelles et gros réseau », il a dit. Et moi… moi je suis une PME comme les autres, les affaires sont les affaires, j’ai largué le premier pour le second : j’ai changé de Community Manager.

On allait en faire du Chiffre d’Affaires ! L’aventure c’est l’aventure !

Aujourd’hui le petit nouveau a déposé le bilan et fui à Bali, je reste seule avec mes ongles vernis et mon bébé-blog en friches. Des toiles d’araignées poussent sur ma page Facebook et, sur Twitter, on jette des pierres à mon SAV en vacances.

Je suis une PME comme les autres, qui a quitté sans transition le Community Manager de ses premières noces et plaqué ses rêves de grandeur 2.0.

Ohé, ohé, mon e-reputation abandonnée…

e-reputation

Enfant gâtée

Emmanuelle Audebert – @LaTweepie

 

  1. Très belle prose , je salue la légèreté et la fraîcheur de style adoptée à une thématique où les séparations sont souvent douloureuses.
    Je ne sais pas si c’est une fiction ou pas , mais dans vos maux , je vous envois mes mots compatissants :)

  2. au risque de troller ………roi entre les R.O.I ===> Return on Investement???????(cupid girls)……….gaffe au 60 % de taxation sur les revenu du capital des PME lors de la revente…….il faut espérer que le prochain « manager » ne demandera pas un bilan et ou un business plan car il risquerait de délocaliser en asie…..

  3. Antoine de la Foy Monsieur désire un renseignement?
    Patricia Non, monsieur me proposait une tournée en Egypte.
    Antoine de la Foy Hein?
    Raoul Volfoni Non, j’disais l’Egypte comme ça ! J’aurais aussi bien pu dire ……… Le Liban.

    Antoine de la Foy Je vois, Monsieur dirige sans doute une agence de voyage?
    Patricia Mais non voyons chéri, Monsieur fait la traite des blanches, mais tu sais que c’est courant, allez, viens!

  4. Lino : Et nous sommes contre l’autogestion dans les bordels !
    …..
    Nicole : La prostitution est une usine que nous pouvons gérer nous-même puisque les machines c’est nous !

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